Le unschooling et la discipline

Je croyais avoir terminé mon analyse superficielle des difficultés du unschooling et je me préparais à rédiger un article sur la discipline et la formation des habitudes, mais la lecture du livre Hints on Child-Training de Clay Trumbull m’a donné envie d’ajouter quelques pensées sur le sujet.

Le livre a été publié pour la première fois en 1892, mais les conseils qu’on y trouve sont encore tout à fait pertinents. Le chapitre six, particiulièrement, aborde la question de la discipline, dans le sens d’enseigner à ses enfants à faire ce dont ils n’ont pas envie de faire. Il est particulièrement captivant de lire la description que l’auteur rédige sur les changements survenant à son époque : « Auparavant, on ne permettait pas aux enfants de s’asseoir avec leurs parents ou de leur parler sans que la parole ne leur soit adressée; d’avoir une place à la table ou sur le banc d’église avec eux (…) Ces pratiques ont été abandonnées il y a longtemps. Au cours du dernier siècle ou plus, le progrès de l’intérêt et de l’attention prêtés aux enfants a été rapide et soutenu (…) La situation constitue, en général, une amélioration marquée, il n’y a aucun doute. Toutefois, le danger demeure, d’oublier une vérité importante dans notre d’effort d’accorder cette importance nouvelle et méritée à l’enfant. Les enfants ont besoin d’apprendre à faire les choses qu’ils ne veulent pas faire lorsque la nécessité s’impose. Les personnes plus âgées accomplissent un grand nombre de tâches en raison de leur sens du devoir. Si l’on n’enseigne pas aux enfants à reconnaître le devoir comme étant plus contraignant qu’une simple disposition, ils souffriront toute leur vie de leur manque de discipline dans cette direction. »

J’ai déjà entendu les adeptes du unschooling répondre à cette objection que les enfants qui vont à l’école et sont obligés d’étudier les sujets qui ne les intéressent pas ainsi que d’occuper leur temps de la façon qui leur est dictée ne deviennent pas nécessairement disciplinés. C’est tout à fait vrai, moi-même j’ai très peu de discipline et je l’acquière en vieillissant car je me retrouve mère au foyer et je dois enseigner à mes enfants (malgré le fait que je préfèrerais tricoter, coudre, peinture, jardiner ou nombreuses autres activités). La nécessité d’accomplir certaines tâches est quand même l’élément clé qui me permet d’en développer la capacité. Je crois qu’il est possible que l’école ne suffise pas à discipliner les enfants par le fait qu’il est si facile de passer ses années scolaires à satisfaire la règle du moindre effort. Le minimum requis par chacun dans le milieu scolaire est négligeable. Pour certains enfants, les notes en souffriront, mais personne ne le forcera à s’appliquer. Certains parents participeront peut-être plus à l’éducation de leur enfant de manière à les aider à les guider sur la bonne voie. J’imagine que le résultat sera différent dans cette situation.

M. Trubmbull poursuit :

« Personne ne peut toujours travailler en fonction des ses préférences personnelles. Chacun doit accomplir nombreuses tâches déplaisantes. Une personne qui n’a pris l’habitude d’accomplir ces tâches de façon persistente au cours de son enfance ne peut les accomplir dans son intérêt lorsque la nécessité se présente. »

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