Conseils pour éviter le burnout lié à l’école à la maison


En tant que parents éducateurs, nous sommes particulièrement vulnérables au burnout. Voici quelques conseils pour éviter de vous épuiser et pour préserver la joie d’apprendre :

1- Repensez vos priorités et simplifiez votre école à la maison. Quelles sont vos priorités? Vous pouvez passez des heures chaque jours à vous assurer que vos enfants exécutent des pages et des pages dans leurs livres éducatifs. Joyce Herzog, auteur qui a passé des décennies dans le système traditionnel d’enseignement et qui conseille maintenant les familles au sujet de l’école à la maison, déclare que 90 % de ce qu’un enfant apprend avant l’âge de 12 ou 13 ans sera oublié. Si  je repense à ce que moi-même je me souviens, je n’ai pas de difficulté à le croire. C’est pourquoi il est important de cibler ses priorités et de se concentrer sur les fondements. Le strict minimum est d’entourer ses enfants d’excellente littéraure et de faire des mathématiques une fois par semaine. Le reste du temps peut être employé à explorer les intérêts personnels des enfants.

2- Attendez que vos enfants soient plus vieux avant de commencer le travail scolaire. L’objectif n’est pas de gagner une compétition avec le système scolaire et de vous assurer que vos enfants sachent lire avant ou en même temps que le enfants qui vont à l’école. Le but est de fournir à vos enfants un atmosphère paisible et heureux foissonnant de ressources leur donnant l’occasion d’apprendre. Vous découvrirez qu’en vieillissant, ils apprennent beaucoup plus vite et de façon plus autonome. En effet, le but ultime est d’enseigner à vos enfants à devenir autodidactes. Charlotte Mason, une éducatrice anglaise du 19e siècle, affirme (ma traduction) : « L’apprentissage autonome est le seul apprentissage possible; le reste n’est qu’une facette appliquée sur la nature de l’enfant. »

3- Allouez du temps chaque jour pour recharger vos batteries. L’après midi, prenez l’habitude d’inclure à l’horaire une période pendant laquelle les plus petits font la sieste et les plus grands prennent une pause. Ce moment de tranquilité vous fera un grand bien. Vous pouvez également consacrer une partie de vos soirées à poursuivre vos intérêts personnels et accomplir des projets qui vous plaisent.

4- Habituez vos enfants à contribuer aux tâches domestiques. Dès trois ou quatre ans, vous pourrez enseigner à vos enfants à travailler avec vous pour le plaisir et pour comprendre qu’ils font partie de la famille et qu’ils ont la responsabilité de participer.

5- Allez jouer dehors, amusez-vous avec vos enfants! Parfois, vous aurez l’impression d’être un général qui donnent continuellement des ordres. Il vous fera un grand bien de tout laisser et d’aller vous amuser!

6- Donnez-vous la permission de mettre les livres de côté. Chaque enfant se développe à son propre rythme. Si vous voyiez qu’il n’est pas prêt à apprendre un certain concept malgré vos efforts, n’insistez pas. Mettez les leçons de côtés pendant quelques mois.

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Cultiver l’amour des livres de valeur chez nos enfants

Mon fils de dix ans a commencé à beaucoup aimer la lecture cette année. Nous allons régulièrement à la bibliothèque et il emprunte des piles de livres. Par contre, ses choix me plaisent plus ou moins, car il s’agit de bandes dessinées sans profondeur. Je me disais que ce type de livre me plaisait également à son âge, et cela ne m’a pas empêché de préférer les livres qui me permettent d’apprendre et de m’épanouir en vieillissant. Toutefois, la lecture de Hints on Child Training the Clay Trumbull me fait penser qu’il est peut-être temps d’intervenir.

Voici ce que M. Trumbull affirme (ma traduction) : « L’habitude de la lecture est formée pendant l’enfance; et les goûts de lecture de l’enfant sont formés dans la bonne ou la mauvaise direction pendant qu’il est sous l’influence de ses parents; et ceux-ci sont directement responsables de la formation et du développement de ce goût.

Un enfant doit lire des livres qui favorisent l’acquisition de valeurs et de connaissances; et un enfant doit aimer lire ce genre de livre. »

M. Trumbull poursuit que les livres qui encouragent la créativité et le divertissement de l’enfant ont leur place, mais qu’ils ne devraient pas occuper TOUTE la place. Il affirme qu’il est naturel pour un enfant de préférer une histoire amusante ou exaltante, mais qu’il n’y a pas plus de raison de lui permette de suivre ce désir sans le guider que de le laisser manger des gâteaux plutôt que des mets nutritifs. Bien sûr, la tâche n’est pas facile pour le parent. Il doit connaître les livres de valeurs et les rendre attrayants pour l’enfant tout en retirant les livres inacceptables de sa portée. L’effort nécessite de la réflexion, de la patience et de la détermination. Une fois que l’enfant aura acquis l’amour des livres de fiction sensationnels, il sera sans doute difficile de lui donner envie de lire des narrations sobres et instructives. Par conséquent, chaque parent doit s’assurer que son enfant ne s’adonne à la lecture d’oeuvres de fiction tarabiscotées et grandement illustrées. De plus, un parent doit saisir toutes les occasions de suggérer des livres de valeur. Prendre le temps de lire avec l’enfant et le questionner sur ses lectures serviront également à intensifier sont intérêt.

Donc, pour ce qui est de mon fils, j’ai décidé qu’il était temps d’avoir une discussion avec lui. Je vais lui demander ce qu’il a retiré de ses lectures récentes. Je crois qu’en gros la réponse sera Pas grand chose. Cela ouvrira la voie pour l’aider à choisir des livres plus productifs. Nous en avons une grande quantité ici. En plus, j’ai des listes de livres des valeur que je consulterai avec lui et nous pourrons choisir ensemble des histoires qui l’intéressent. Nous verrons bien ou cela nous mènera….

Le unschooling et la discipline

Je croyais avoir terminé mon analyse superficielle des difficultés du unschooling et je me préparais à rédiger un article sur la discipline et la formation des habitudes, mais la lecture du livre Hints on Child-Training de Clay Trumbull m’a donné envie d’ajouter quelques pensées sur le sujet.

Le livre a été publié pour la première fois en 1892, mais les conseils qu’on y trouve sont encore tout à fait pertinents. Le chapitre six, particiulièrement, aborde la question de la discipline, dans le sens d’enseigner à ses enfants à faire ce dont ils n’ont pas envie de faire. Il est particulièrement captivant de lire la description que l’auteur rédige sur les changements survenant à son époque : « Auparavant, on ne permettait pas aux enfants de s’asseoir avec leurs parents ou de leur parler sans que la parole ne leur soit adressée; d’avoir une place à la table ou sur le banc d’église avec eux (…) Ces pratiques ont été abandonnées il y a longtemps. Au cours du dernier siècle ou plus, le progrès de l’intérêt et de l’attention prêtés aux enfants a été rapide et soutenu (…) La situation constitue, en général, une amélioration marquée, il n’y a aucun doute. Toutefois, le danger demeure, d’oublier une vérité importante dans notre d’effort d’accorder cette importance nouvelle et méritée à l’enfant. Les enfants ont besoin d’apprendre à faire les choses qu’ils ne veulent pas faire lorsque la nécessité s’impose. Les personnes plus âgées accomplissent un grand nombre de tâches en raison de leur sens du devoir. Si l’on n’enseigne pas aux enfants à reconnaître le devoir comme étant plus contraignant qu’une simple disposition, ils souffriront toute leur vie de leur manque de discipline dans cette direction. »

J’ai déjà entendu les adeptes du unschooling répondre à cette objection que les enfants qui vont à l’école et sont obligés d’étudier les sujets qui ne les intéressent pas ainsi que d’occuper leur temps de la façon qui leur est dictée ne deviennent pas nécessairement disciplinés. C’est tout à fait vrai, moi-même j’ai très peu de discipline et je l’acquière en vieillissant car je me retrouve mère au foyer et je dois enseigner à mes enfants (malgré le fait que je préfèrerais tricoter, coudre, peinture, jardiner ou nombreuses autres activités). La nécessité d’accomplir certaines tâches est quand même l’élément clé qui me permet d’en développer la capacité. Je crois qu’il est possible que l’école ne suffise pas à discipliner les enfants par le fait qu’il est si facile de passer ses années scolaires à satisfaire la règle du moindre effort. Le minimum requis par chacun dans le milieu scolaire est négligeable. Pour certains enfants, les notes en souffriront, mais personne ne le forcera à s’appliquer. Certains parents participeront peut-être plus à l’éducation de leur enfant de manière à les aider à les guider sur la bonne voie. J’imagine que le résultat sera différent dans cette situation.

M. Trubmbull poursuit :

« Personne ne peut toujours travailler en fonction des ses préférences personnelles. Chacun doit accomplir nombreuses tâches déplaisantes. Une personne qui n’a pris l’habitude d’accomplir ces tâches de façon persistente au cours de son enfance ne peut les accomplir dans son intérêt lorsque la nécessité se présente. »

Le unschooling et la formation des habitudes selon Charlotte Mason

Comme je l’ai mentionné auparavant, je suis d’avis que le unschooling a plusieurs points positifs. Je crois en la joie d’apprendre, et quoi de mieux pour préserver la joie que d’apprendre que de suivre ses intérêts? Par contre, le plus grand inconvénient du unschooling est lié à la formation des habitudes. Charlotte Mason, une éducatrice importante du 19e siècle, a traité le sujet de la formation des habitudes dans ses écrits à maintes reprises.

J’ai traduit les extraits suivants :

« L’éducation est une  discipline, c’est-à-dire la discipline de bonnes habitudes acquises par l’enfant au cours de sa formation. L’éducation est une vie, nourrie par les idées et l’éducation est un atmosphère, c’est-à-dire, l’enfant respire l’atmosphère émanant de ses parents, celui des idées qui régissent leur propre vie. » (Vol. 2, p. 247)

« L’éducation est une discipline. Nous parlons ici de la discipline des habitudes formées définitivement et attentivement, qu’il s’agisse des habitudes de l’esprit ou du corps. » (Vol. 6, p. 99)

« Les habitudes sont dix fois plus puissantes que la nature! (…) La formation d’habitudes est l’éducation. » (Vol. 1, p. 97)

Mon prochain article traitera de la formation d’habitudes de façon plus générale, de manière à démontrer son importance en ce qui a trait à la discipline de nos enfants, mais l’objet de cet article est plutôt de voir si le unschooling est une méthode d’éducation suffisante.

Évidemment, cela dépend de la définition d’éducation que l’on adopte. Je crois que Mme Mason était très sage de dire que la formation d’habitudes est l’éducation. Nos habitudes nous mèneront pour le reste de nos jours.  « La relation entre les habitudes et la vie humaine, imagée par les rails sur lesquels roule une locomotive, est probablement la plus suggestive et la plus utile pour l’éducateur. De la même façon qu’il est plus facile pour un train de poursuivre son chemain sur les rails que de les quitter, il est plus facile pour l’enfant de suivre les voies d’habitudes établies avec soin. » Vol. 1, p. 108

« En raison de l’éventualité de ruine et de perte qui menace chaque vie humaine, je souligne auprès des parents leur devoir de sauver leurs enfants en employant les moyens mis à leur disposition. Peut-être n’est-il pas une exagération de dire que quatre-vingt dix-neuf pourcent des vies perdues sont la conséquence d’un manque d’effort chez les parents de libérer leurs enfants de leur paresse, de leurs appétits sensuels, de leur obstination et de fortifier les habitudes d’une bonne vie. » (Vol. 1, p. 330).

Voici, ce passage est la clé qui permet de répondre à notre question. Est-il naturel pour l’enfant de s’appliquer, de pendre plaisir au travail bien fait, de faire l’effort de concentration, de se priver de plaisirs immédiats en vue de récompenses plus grandes? Non! Je ne le crois pas! Ces qualités doivent être acquises et je crois que l’enfant à qui l’on ne demande pas régulièrement d’accomplir des tâches scolaires qui ne l’intéressent pas acquiérira plus difficilement les habitudes de la diligence, de l’attention, de l’effort mental et de la rigueur, car il sera continuellement assujetti au gré de ses désirs.

 

 

 

Je vis donc j’apprends

Le mouvement unschooling m’a toujours attirée. Je crois que la raison principale est que moi-même, en tant qu’adulte, j’apprends plus que jamais en poursuivant mes intérêts. Alors pourquoi en serait-il autrement pour mes enfants? Par contre, j’ai de la difficulté à abandonner entièrement les efforts scolaires. En fait, pour l’instant, je ne le veux pas. La question est de déterminer la proportion de notre temps qui sera consacrée aux travaux scolaires. J’élabore un horaire et je reviendrai sur le sujet. Mais pour l’instant, alors que la grande majorité des enfants sont retournés à l’école, mes enfants et moi-même continuons à nous occuper à exécuter des projets pratiques et à faire des excursions en plein air. Le mois de septembre est si beau, pourquoi le laisser passer en s’encabanant pour s’imposer les contraintes d’un horaire scolaire?

Le unschooling (l’apprentissage en liberté ou l’apprentissage infini) survient lorsque l’on découvre que la vie et l’apprentissage sont inséparables.